Luc Besson : Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec marque un retour au cinéma d'action réelle pour le légendaire réalisateur français Luc Besson ( Le cinquième élément , Lion , Le Grand Bleu ) après une interruption de six ans du formulaire. L'aventure fantasque absurde et typiquement française donne vie à l'héroïne de bande dessinée très appréciée Adele (par le vénéré dessinateur de bandes dessinées Jacques Tardi) - une femme fatale qui fume à la chaîne et qui n'a pas de bêtises qui fait penser à un Tin Tin politiquement incorrect, joué avec un vif enthousiasme par Louise Bourgoin.

Ce film humoristique est typiquement exquis dans son esthétique et présente une vision somptueuse du Paris du XVIIIe siècle, dans lequel un ptérodactyle mort-vivant fait des ravages et des restes momifiés morts-vivants errent librement dans les rues. Alors que le réalisateur effectuait un récent voyage à Londres, nous l'avons rencontré pour discuter de l'attrait du fantastique et des raisons pour lesquelles tout le monde espère secrètement rencontrer un extraterrestre.



Dazed Digital : Vous semblez attiré par des histoires très fantastiques et extraordinaires, pourquoi ?
Luc Besson:
Eh bien, vous savez, la plupart du temps, nous avons cette routine - nous nous réveillons, allons déjeuner, rentrons à la maison, prenons soin des enfants... et c'est parfois une très belle vie, mais l'inattendu est toujours quelque chose qui nous espérons. Vous ne vous attendez pas à ce qu'un vieil ami frappe à votre porte un soir en disant : « Oh mon dieu ! Je viens de rentrer de Russie !' Mais quand cela arrive, c'est merveilleux.

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DD : Est-ce que ce sens de l'inattendu est quelque chose de très important pour vous ?
Luc Besson:
Je pense que ce que nous recherchons dans une histoire, c'est bien cette idée de quelque chose qui n'arrivera jamais – l'idée qu'un jour un extraterrestre entrera par la fenêtre. (Des rires) Si un extraterrestre entrait tout de suite et disait : 'Je suis désolé d'interrompre votre interview mais je suis perdu. Avez-vous vu un vaisseau spatial ?’ Nous serions comme 'D'accord...' Tout le monde souhaite avoir ce type de réunion. Dans le film, on voit Adele essayer de réveiller une momie, ce qui est impossible, et on pense qu'elle ne peut pas le faire mais elle le fait. Alors, bien sûr, on s'attend à ce que la momie fasse peur mais non, elle est très polie, et c'est excitant. Nous aimerions que cela se produise dans nos vies - nous voulons un conte de fées plein de petits monstres gentils et paisibles.

DD : C'est un film très français ; pensez-vous qu'une partie de l'humour ne se traduira pas à l'international ?
Luc Besson:
Je ne sais pas. Je pense qu'il suffit de faire le film avec autant d'honnêteté que possible, et puis vous aurez des surprises. Adele a connu un grand succès en Chine – très, très réussi, avec quelques millions d'entrées. J'y suis allé et j'ai essayé de savoir ce qui plaisait aux gens et ce qui les a vraiment frappés, c'est que c'est très dépaysant de voir Paris de cette façon... C'est magique. La liberté d'Adèle en tant que femme les a également totalement émerveillés. Ils étaient tellement excités par ça, et aussi par le fait qu'elle soit très grande pour une femme. Pour eux, c'était comme, Oh mon Dieu ! Elle est plus grande que l'homme !



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DD : Louise Bourgoin a une présence très puissante en tant qu'actrice, n'est-ce pas ?
Luc Besson:
Elle est si puissante, si bonne... comme Adèle en fait, mais en moins folle ! Parfois, il y a des plans difficiles où elle donne l'impression donc facile. Par exemple, la scène où elle se déshabille devant la momie est probablement l'une de mes préférées. C'est juste la façon dont elle regarde la momie et la façon dont elle est si libre, debout nue et fumant. Il n'y a pas d'autre moment où elle parle à la momie comme ça, et pourtant vous ne vous demandez pas pourquoi elle parle à une momie... vous y croyez totalement.

DD : Une chose qui m'a semblé intéressante dans le film, c'est qu'il y a cette juxtaposition de la beauté et du grotesque...
Luc Besson:
Cela vient en fait de l'époque. Les gens à l'époque marchaient et parlaient comme ça - ils étaient vraiment un peu grotesques parce que leur santé n'était pas si bonne, et la nourriture n'était pas si bonne. Ils étaient presque déformés. Tout dans le film vient des images que nous avons vues de l'époque. Tardi, qui a fait la bande dessinée originale utilise aussi des images, alors je lui ai demandé : Tardi, peux-tu me donner les images qui t'ont inspiré ?' Le chef de la police, Caponi (Gilles Lellouche) est en fait basé exactement sur une image d'un gars qui travaillait dans la police à l'époque.

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DD : Adele est un film très fantasque, que pensez-vous de la tendance à l'ultra-violence manifestée par certains réalisateurs français ?
Luc Besson:
Chacun est libre de faire ce qu'il veut mais je ne suis pas sûr de toujours le comprendre. Si vous faites preuve de violence pour dénoncer la violence alors c'est bien, mais si c'est à la limite de la complaisance... ouais, ça peut être dangereux. Même si, bien sûr, je préférerais avoir le film et ne pas trop l'aimer, que de ne pas avoir le film ! Si vous prenez Lion , le flic est un vrai connard, mais ça te donne une chance à la fin de lutter contre ça. Cela vous montre à quel point cela peut être profond et grave, mais vous pouvez y réagir... Il existe une boussole morale. Adele était merveilleuse à faire parce que c'est génial quand vous n'avez pas du tout à porter un but lourd. J'ai fait quelques films, comme Jeanne d'Arc , où je dois prendre des appels téléphoniques du Vatican ! (Rires) Adèle c'est plutôt sauter le plat principal et passer directement au dessert ! Tu sais, toi tu peux aller voir ce film avec tes enfants ou en couple, ou avec des amis... quoi qu'il en soit, tu souris.



Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec sort demain