La vision dystopique d'Edouard Salier

La vidéo CGI d'Edouard Salier pour 'Atlas Air' de Massive Attack est une représentation graphique d'un paysage urbain futuriste sombre à la Kubrick. Il s'agit d'une préquelle de sa vidéo d'aspect similaire pour Splitting The Atom. La vidéo figure dans le onedotzero Adventures In Motion Festival de cette année, qui s'ouvre au BFI Southbank cette semaine. Avant l'ouverture du festival, Dazed parle à Sailier de l'interprétation visuelle de la vision de Massive Attack, mais aime laisser l'interprétation de son travail ouverte.

Dazed Digital : Quel genre de brief avez-vous donné par Massive Attack pour la vidéo Atlas Air ?
Edouard Salier :
J'ai rencontré Robert del Naja à LA et nous avons parlé de ce que nous aimons et de faire un autre film ensemble. Tout était vraiment ouvert, mais la chanson parle de rendu, il était donc important de représenter cela, mais de manière abstraite.

DD : Qu'est-ce qui vous guide le plus, le brief établi par l'artiste ou le ressenti que vous procure la chanson elle-même ?
Edouard Salier :
La chanson est le guide, et les paroles bien sûr, et la sensation de la musique.

DD : La vidéo d'Atlas Air est présentée comme une préquelle de votre précédente vidéo pour Splitting The Atom. En quoi le récit s'enchaîne-t-il de l'un à l'autre ?
Edouard Salier :
Je voulais laisser l'interprétation des films assez large, c'est plus intéressant de laisser le spectateur décider ce qu'il pense que les visuels représentent.

DD : Les deux vidéos se déroulent dans un décor rehaussé et industriel – comment décririez-vous cette réalité ? Se situe-t-il dans le futur ou dans un univers parallèle mais actuel ?
Edouard Salier :
Cela peut être tout ce que vous pensez que c'est, ce que vous pensez être, il est plus important que vous y réfléchissiez. Mais ce n'est pas un endroit que j'aimerais visiter…

DD : Les espaces dans les vidéos sont également assez inhabituels avec un manque de personnages humains - quelque chose qui s'applique à une grande partie de votre travail, pas seulement à l'affaire Massive Attack. Qu'est-ce qui vous fascine dans ces paysages industriels austères ?
Edouard Salier :
Ce n'est pas un style intentionnel, ce n'est pas quelque chose que j'ai décidé de faire. J'aborde mon travail de manière plus instinctive, presque comme un peintre qui commence une peinture sans visualiser pleinement le résultat final. L'imagerie est inspirée de mon subconscient, de mes rêves et de mes cauchemars. Sont-ils non humains ou non réels ? Je ne sais pas...

DD : Il y a certainement quelque chose du Kubrick dans votre travail. Êtes-vous un fan? Quel genre de vision du monde partagez-vous avec Kubrick, étant donné que vous avez tous les deux une vision d'avenir industriel austère ?
Edouard Salier :
Je prends ça comme un compliment, Kubrick est le maître et je lui dois certainement beaucoup. Je ne sais pas si mon regard sur le monde est comparable au sien mais je partage son idée du cinéma. Il a dit : ''un film est - ou devrait être - plus de la musique que de la fiction. Ce devrait être une progression des humeurs et des sentiments. Le thème, ce qu'il y a derrière l'émotion, le sens, tout ça vient après.
Le programme de projection de vidéoclips « longueur d'onde 10 » d'Onedotzero propose de nouvelles prises de vue radicales dans la vidéo musicale - un genre qui continue d'agir comme un terrain de jeu pour les nouveaux réalisateurs et musiciens à faire leur marque. Il présentera des classiques récents de réalisateurs acclamés par la critique aux côtés de promos lo-fi pleines d'esprit de talents émergents, y compris le projet de vidéoclip unique de Chris Milk et Aaron Koblin honorant l'héritage de Johnny Cash.



Longueur d'onde 10 écrans les jeudi, vendredi et dimanche dans le cadre de onedotzero (10 - 14 novembre, BFI Southbank).
www.onedotzero.com